RDC : après le ralliement de Joseph Kabila à la rébellion, Félix Tshisekedi affirme que la situation est « sous contrôle »

RDC : après le ralliement de Joseph Kabila à la rébellion, Félix Tshisekedi affirme que la situation est « sous contrôle »
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réuni, samedi, les députés et sénateurs de l’Union sacrée de la nation, sa plateforme politique, afin de les mobiliser à l’approche du dialogue national et de répondre à leurs préoccupations. Cette rencontre intervient deux semaines après la prise de direction, par l’ancien président Joseph Kabila, du Front pour la refondation de la nation (FRN), issu de l’AFC/M23, le 12 octobre à Goma.
Selon des informations recueillies auprès de sources proches de la rencontre, le chef de l’État a assuré à ses interlocuteurs que la situation était « sous contrôle » sur tous les fronts. Il a appelé les élus à rassurer la population, à préserver la cohésion nationale et à demeurer unis dans leur attachement à la République et à l’unité du pays.
Félix Tshisekedi attaque vivement son prédécesseur
Le président congolais a réservé ses critiques les plus virulentes à Joseph Kabila, qu’il accuse de s’être retourné contre le pays qu’il a dirigé pendant dix-huit ans. Selon Félix Tshisekedi, un tel choix démontrerait que son prédécesseur n’a « jamais aimé » la RDC.
Il a également estimé que Joseph Kabila aurait été « contraint de sortir du bois sous la pression pour donner la coloration congolaise à cette agression », affirmant que les sanctions et la pression militaire exercée par les forces congolaises auraient considérablement affaibli Kigali.
« Pour le peu que j’ai eu à le pratiquer, je peux vous assurer que Joseph Kabila est un peureux », aurait-il déclaré devant les élus de sa majorité.
Kagame et la question de la souveraineté congolaise
Félix Tshisekedi s’en est également pris au président rwandais Paul Kagame. Selon lui, ce dernier aurait pris une avance considérable sur la RDC dans la manière de présenter le pays sous un jour négatif auprès des capitales étrangères.
Le chef de l’État affirme avoir inversé cette dynamique et rendu plus difficile le pillage des ressources naturelles congolaises. Sur le plan sécuritaire, il s’est montré confiant quant à la capacité des Forces armées de la RDC (FARDC), qu’il estime avoir reprises en main et qui, selon lui, montent progressivement en puissance, malgré la persistance des infiltrations.
Dialogue national : Tshisekedi clarifie ses intentions
Abordant la question du dialogue national, Félix Tshisekedi a demandé aux élus de l’Union sacrée d’en expliquer les objectifs à leurs électeurs. Il a insisté sur le fait que cette initiative ne viserait pas à prolonger son maintien au pouvoir, mais plutôt à permettre au pays de retrouver une certaine « normalité ».
D’après une source présente à la rencontre, le président aurait également tenu des propos concernant l’avenir de la Constitution et l’échéance politique de 2028.
« Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez. Vouloir la changer ou la toucher, c’est votre responsabilité. Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là », aurait-il déclaré.
Le chef de l’État a par ailleurs réaffirmé sa volonté de remettre le pays sur la bonne voie et de contribuer à l’instauration d’une paix durable.
Les animateurs du dialogue attendus la semaine prochaine
Dans la perspective du lancement du processus, Félix Tshisekedi devrait procéder, la semaine prochaine, à la nomination des animateurs du dialogue national. Il s’agirait notamment des responsables des coordinations nationale et provinciales, ainsi que des superviseurs désignés pour chaque province.
Deux cofacilitateurs de l’Union africaine, un homme et une femme, devraient également accompagner les travaux.
Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’est de la RDC et que les tensions politiques persistent autour du processus de dialogue, cette rencontre avec les élus de l’Union sacrée apparaît comme une étape importante dans la stratégie politique du chef de l’État.
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