RDC : journée sous tension autour de la marche de l’opposition
RDC : journée sous tension autour de la marche de l’opposition

La Coalition Article 64 (C64), qui regroupe notamment des figures de l’opposition telles que Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, a maintenu pour ce mardi 15 septembre sa mobilisation contre le projet de changement de la Constitution et la loi référendaire.
À Kinshasa : rassemblements en cours
La capitale s’est réveillée dans le calme, mais avec une présence policière renforcée sur plusieurs axes liés aux itinéraires de la manifestation.
À 10h30, selon les dernières informations disponibles, aucun des principaux leaders de la C64 n’était encore arrivé à l’Échangeur de Limete, où des militants étaient déjà rassemblés. La manifestation n’avait donc pas encore véritablement démarré à ce moment-là.
Les deux principaux points de rassemblement annoncés sont :
- Échangeur de Limete, notamment pour les participants venant de Tshangu et Mont-Ngafula ;
- Rond-point Moulaert, pour les participants venant de Funa et Lukunga.
Les deux cortèges doivent converger vers le secteur du boulevard Triomphal, près de l’école Sévigné et en face du Stade des Martyrs.
Le Palais du Peuple finalement écarté
Un compromis a été trouvé entre la C64 et l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Le Palais du Peuple ne sera pas le point de chute de la manifestation, notamment en raison de l’inviolabilité du Parlement et du fait que les députés et sénateurs effectuent aujourd’hui leur rentrée parlementaire.
La modification de l’itinéraire constitue donc l’un des principaux compromis obtenus entre les organisateurs et les autorités.
Quel est le message de l’opposition ?
La C64 veut principalement :
- s’opposer à tout changement de la Constitution ;
- rejeter la loi sur le référendum ;
- dénoncer toute perspective permettant, selon elle, un troisième mandat présidentiel de Félix Tshisekedi ;
- interpeller les parlementaires sur leur responsabilité dans le processus constitutionnel.
Martin Fayulu a maintenu la mobilisation malgré l’annonce par le président Tshisekedi du processus de dialogue national, dont les modalités viennent d’être fixées. Fayulu réclame plutôt un dialogue national inclusif et rejette le format des consultations populaires proposé par le pouvoir.
Lubumbashi : marche empêchée
À Lubumbashi, la situation est nettement différente. La marche annoncée par la C64 avait été interdite par les autorités municipales.
Les dernières informations font état d’une marche empêchée, avec des arrestations et des blessés dénoncés par les organisateurs.
La C64 avait pourtant annoncé son intention de maintenir la mobilisation malgré l’interdiction, estimant que celle-ci portait atteinte au droit constitutionnel de manifester.
Dans les autres provinces
La mobilisation n’a pas la même ampleur partout. Certaines autorités provinciales ont interdit ou reporté les manifestations.
Par exemple, dans la Tshopo, la marche a été interdite pour des raisons sanitaires liées notamment à la situation épidémique dans la province.
À Inongo, dans le Maï-Ndombe, les informations disponibles ce matin indiquent qu’il n’y avait ni manifestants ni dispositif sécuritaire particulier et que les activités se déroulaient normalement.
L’enjeu politique
Cette journée est particulièrement importante parce qu’elle intervient le même jour que la rentrée parlementaire de septembre. Elle constitue donc un test à la fois pour l’opposition, qui cherche à démontrer sa capacité de mobilisation, et pour les autorités, qui doivent garantir l’ordre public tout en respectant le droit de manifestation.
La CNDH a appelé les manifestants, les organisateurs et les forces de sécurité à éviter la confrontation et à privilégier une expression démocratique pacifique. Elle rappelle que le maintien de l’ordre ne doit pas conduire à supprimer les libertés publiques.
Situation à retenir à la mi-journée
Kinshasa : rassemblements en cours, forte présence policière, marche pas encore véritablement lancée à 10h30.
Lubumbashi : marche empêchée ; arrestations et blessés dénoncés.
Autres provinces : situation variable selon les décisions des autorités locales.
Revendication centrale : refus du changement de Constitution et de toute perspective de troisième mandat.
Enjeu immédiat : éviter une confrontation entre manifestants et forces de sécurité.
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